Le PIB par tête se situe autour de 450 $ EU en 2012. L’enquête légère sur l’évaluation de la pauvreté (ELEP) en 2012 révèle que 55,2% de la population est considérée comme pauvre contre 53% en 2007 et 40,3% en 1995. Le nombre de personnes vivant dans l’extrême pauvreté a également doublé. La plupart des pauvres vivent encore dans les zones rurales.

Les résultats de l’ELEP montrent que 64,7% de la population rurale sont considérés comme pauvres contre 32,1% pour la population urbaine. Néanmoins, l’aggravation de la pauvreté dans les zones urbaines est plus prononcée et les causes principales sont les suivantes: l’augmentation des prix des produits de première nécessité, l’exode rural et la crise de l’emploi.

L’économie guinéenne est fortement dominée par les mines et le secteur rural. La mise en œuvre continue du programme économique et financier 2012-2014 appuyé par la facilité élargie de crédit du FMI a contribué à réduire les déséquilibres macro-économiques. En 2012, malgré la crise internationale, l’activité économique est restée forte, soutenue par l’accélération des investissements dans l’agriculture et le secteur minier. Le PIB réel a augmenté de 3,9% en 2011 à 4,8% en 2012, contre 1,9 % en 2010. Les difficultés d’approvisionnement du pays en électricité continuent néanmoins de peser sur les activités économiques.

Les récentes réformes mises en œuvre dans le domaine des finances publiques ont permis de renforcer la stabilité du cadre macroéconomique. Ainsi, le solde budgétaire global qui se situait à -12,6% du PIB entre 2009 et 2010, a été ramené respectivement à -1,6% et -3,6% du PIB en 2011 et 2012 en raison de l’augmentation des recettes intérieures et du resserrement des dépenses publiques. La politique monétaire continue à être resserrée, ce qui a facilité le contrôle de l’inflation. La Banque centrale de la République de Guinée (BCRG) a maintenu son taux directeur à 22% et le taux de la banque de réserves obligatoires à 22% par rapport, au début de 2011, respectivement 16,75% et 7,5%. En 2012, la croissance de la monnaie au sens large a été de 5,3 % contre 9,4%, baisse due essentiellement au fait que les ressources minières étaient exceptionnelles en 2011. Le taux d’inflation était de 13% en moyenne à la fin 2012, contre 21,4 % en 2011. Cette performance est attribuable à une politique monétaire restrictive, l’augmentation de la production de riz et aux mesures prises par le gouvernement pour faciliter l’approvisionnement en biens de première nécessité.

5.1 L’atteinte du point d’achèvement de l’IPPTE

La Guinée a fait des progrès considérables et a satisfait les exigences liées à l’allégement de dette au titre de l’initiative renforcée en faveur des pays pauvres très endettés (IPPTE) afin de réduire sa dette extérieure à des niveaux soutenables. En septembre 2012, le FMI et la Banque mondiale ont approuvé pour la Guinée l’atteinte du point d’achèvement de l’IPPTE. La Guinée a donc bénéficié de l’Initiative de la dette multilatérale (IADM).

Le montant de cette annulation de la dette s’établit à 2,13 milliards de dollars. A la suite de cette approbation, les créanciers du Club de Paris, le 25 Octobre 2012 ont convenu d’une annulation quasi-totale de la dette de la République de Guinée (655,9 millions de dollars représentant 99,2% du total). Comme conséquence positive, l’encours total de la dette de la Guinée est passé de 65,9% du PIB en 2011 à 19% du PIB en 2012. Le service de la dette par rapport aux exportations et le ratio de service de la dette par rapport aux recettes se situent respectivement en 2013 à 5,3% et 6,7% contre 9,5% et 13,2% en 2012.

Les Etats-Unis d’Amérique ont également procédé en février 2013 à l’annulation de la totalité de la dette bilatérale guinéenne pour un montant de 93 millions de dollars. Quant à la France, elle a opté pour une annulation sous forme de conversion « Contrat Désendettement – Développement » pour un montant de 174 millions d’euros pour le financement de projets prioritaires de développement.

5.2 Secteurs stratégiques :

5.2.1 Le secteur minier

Actuellement caractérisé par l’exploitation industrielle de la bauxite, de l’alumine et de l’or, il représenteenviron 20% du PIB,80% des recettes en devises, 20 à 25% des revenus de l’Etat. Il procure plus de 10 000 emplois directs et plus de 100 000 emplois indirects et induits. Les évolutions récentes en matière de politique minière depuis l’avènement de la démocratie en Guinée sont reflétées dans le code minier adopté en Septembre 2011. Ce code est en cours d’amendement par le gouvernement dans sa partie fiscale. Les nouvelles approches incluent entre autres la création d’une société de patrimoine de l’Etat appelée « société guinéenne du patrimoine minier » (SOGUIPAMI). Cette structure a notamment pour objet de détenir les actions et participations de l’Etat (jusqu’à 35% prévu dans le nouveau code) dans les sociétés minières et dans les infrastructures (jusqu’à 51% prévu dans le nouveau code). La Guinée est également engagée dans un processus de renégociation de tous les accords miniers existants.

5.2.2 La Guinée dans l’ITIE

La mise en œuvre de l’Initiative de transparence dans les industries extractives a débuté en 2005 en Guinée. Mais cette mise en œuvre a été temporairement suspendue pendant le régime militaire. L’ITIE adéjà produit six rapports (de 2005 à 2010). La Guinée a finalisé son processus de validation au 31 août 2012. Malgré les progrès significatifs réalisés en 2011, le conseil d’administration de l’ITIE a convenu que la Guinée avait encore des exigences à remplir et a décidé de renouveler son statut de pays candidat pour une période de 18 mois. La Guinée a donc jusqu’au 26 avril 2014 pour achever une deuxième validation.

Si, pour la Guinée, l’objectif est de maximiser les avantages potentiels des investissements miniers, le défi sera de veiller à ce que les recettes minières publiques soientinvesties dans des projets durables, notamment dans des domaines qui peuvent soutenir la croissance économique, améliorer le capital humain et les conditions de vie des populations guinéennes en vue de réduire la pauvreté.

5.2.3 Secteur agricole

L’agriculture est le principal secteur d’activité de près de 80% de la population guinéenne et la principale source de revenus pour 57% des ruraux. A l’instar de la majorité des pays africains, elle demeure un secteur incontournable pour la réalisation des objectifs de réduction de la pauvreté et de sécurité alimentaire en Guinée. L’agriculture guinéenne est de type extensif dominé par un système de culture traditionnelle et est fortement dépendante de la pluviométrie pour 95% des superficies emblavées ; les superficies en cultures irriguées sont insignifiantes (30 200 ha).

La contribution de l’agriculture dans la production intérieure brute est inférieure à 20% et n’a cessé de baisser au cours des dernières années. Les revenus d’exportation demeurent encore faibles et ne peuvent à l’état actuel servir d’alternative aux revenus d’exportation minière. Les produits agricoles représentent respectivement 11% et 17% des exportations et des importations du pays. La Guinée exporte principalement le coton, le café, les fruits et légumes et importe surtout les produits céréaliers, dont le riz, et les viandes pour son alimentation. Le riz constitue le premier poste de dépenses des ménages guinéens(un peu plus de 20%0, suivi du maïs (environ 12%).

Le potentiel halieutique exploitable est estimé entre 150 000 et 250 000 tonnes de poissons par an. Ce sont pour la plupart des ressources partagées à l’échelle régionale.

La Guinée dispose d’un potentiel agricole important encore peu exploité avec des conditions naturelles propices à la culture d’une gamme variée de produits agricoles. Le potentiel en terres arables est évalué à 6,2 millions d’hectares dont 25% sont exploités et moins de 10% cultivées annuellement. Les pluies sont abondantes et varient entre 1 100 et 4 000 mm et le potentiel de plaines fluviales est important. Le pays dispose d’un réseau hydrographique de 6 500 km et d’’un plateau continental de 43.000 km2, avec des ressources en eau de surface et souterraine importantes.

La Guinée a fait adopter par le gouvernement en décembre 2012, le « plan national d’investissement agricole et de sécurité alimentaire » (PNIASA). Ce plan vise principalement le renforcement de la sécurité alimentaire par la diversification et l’accroissement des productions vivrières et animales pour promouvoir la souveraineté alimentaire, l’accroissement des revenus agricoles par le développement des opportunités économiques et l’amélioration de l’accès au marché ainsi que le développement des mesures transversales d’accompagnement pour garantir l’efficacité des investissements.

La Banque mondiale assiste le gouvernement dans la gestion du secteur minier à travers des appuis financiers depuis 2005et continue à le faire présentement à travers :

Une assistance technique au secteur (20 millions de dollars) visant à renforcer les capacités et les systèmes de gouvernance des institutions clés pour la gestion du secteur minier en Guinée.

Un don de 495 000 dollars pour le développement du schéma directeur des infrastructures auxiliaires aux mines.

Un don de 850 000 dollars pour l’appui aux négociations.

5.2.4 Secteur électricité

La Guinée dispose d’un grand potentiel hydroélectrique estimé à plus de 6 000 MW qui fait que le pays pourrait subvenir à sa demande intérieure, y compris pour le secteur minier, et d’exporter l’électricité vers les pays voisins. Le taux d’électrification actuel est estimé à 17% dont3% pourles zones rurales.

En 2011, la capacité de production urbaine d’électricité en Guinée était de 130 MW alors que la demande est estimée à 240 MW, ce qui entraîne de fréquents délestages dans la capitale Conakry. Le secteur de l’électricité urbaine est géré par Électricité de Guinée (EDG). L’entreprisefaitface à une situation difficile marquée par la vétusté des infrastructures due au manque d’investissement et d’entretien, le vol d’électricité, le faible recouvrementdes factures et une importanteperte financière.

Compte tenu du niveau actuel des subventions àl’EDG sans résultats concrets, il y a lieu d’améliorer la performance technique et financière de l’entreprise. Mais à plus long terme, la Guinée doitaugmenter progressivement la part de l’énergie hydroélectrique dans sa production par rapport à l’énergie thermique. Les ressourceshydroélectriques de la Guinée pourraient êtredéveloppées à travers des partenariats public-privé (PPP), ce qui réduirait la charge pour les finances publiques de tels investissements.

5.2.5 Secteur privé/PME

La part du secteur privé dans l’économie guinéenne est faible tout comme celle du secteur bancaire. Un faible pourcentage d’entreprises dispose de prêts bancaires. Ainsi, à la suite de la table ronde sur le climat des investissements organisé en mars 2011, le gouvernement, avec l’appui de la « Société financière internationale » (SFI), a engagé une série de réformes pour améliorer le climat des investissements et des affaires.

5.3 Stratégie

La série de consultations avec les partenaires pour l’élaboration de la stratégie-pays (2014-2017) pour la Guinée a pris fin le 6 février 2013 (la dernière stratégie-pays de la Banque mondiale en Guinée datait de 2003).

L’élaboration de la stratégie-pays s’inspire des axes stratégiques et priorités du gouvernement déclinés dans le Document de Stratégie de la Réduction de la Pauvreté (DSRP III- 2013-2015). Ainsi, le nouveau CPS envisage d’appuyer les efforts de développement de la Guinée sur deux axes essentiels : améliorer la gouvernance et l’efficacité de l’Etat à fournir des services et opportunités à tous les citoyens ; promouvoir la croissance inclusive et la diversification économique et développer le capital humain en mettant l’accent sur les secteurs de l’éducation, la santé, les questions liées au genre et à la jeunesse.

Selon le DSRP 3, pour faire de la Guinée un pays émergent tel qu’envisagé dans l’étude «prospective Guinée – Vision 2035 », le gouvernement entend relever plusieurs défis majeurs pour assurer le décollage de l’économie et progresser vers la réalisation des OMD. Ceux-ci portent, entre autres, sur la gouvernance, l’accélération etla diversification de la croissance économique, l’emploi, la réduction des inégalités dans la distribution des revenus et des disparités de genre.

Ainsi, la politique économique du gouvernement (2013-2015) s’oriente vers de nouvelles priorités qui sont notamment la restauration de l’état de droit et la réforme de l’administration publique, l’accélération et diversification de la croissance, le développement des secteurs sociaux ; et la réduction des disparités régionales, la promotion du développement à la base et décentralisation. Une attention particulière sera accordée également à la promotion des droits de l’homme et de l’égalité des genres pour chacun de ces quatre domaines de priorité.

5.4 Partenariat

La Guinée, premier exportateur de bauxite, possède des gisements de minerai de fer très convoité par les firmes multinationales, mais aussi de l’or, du diamant, du pétrole. Plus de 50% de la population vit encore sous le seuil de la pauvreté, selon un rapport 2011 des Nations Unies, d’où la nécessité pour le Gouvernement de développer des relations solides de partenariat au niveau bilatéral et multilatéral afin d’exploiterses multiples richessespour améliorer les conditions de vie des populations en leur fournissant les services sociaux de base. Outre la Banque Mondiale, la Guinée dispose de plusieurs autres partenaires pour assurer son développement économique : ce sont entre autresl’Union européenne, le PNUD (Programme des Nations Unies pour le développement), L’UNICEF, et l’UNFPA (United Nations Population Fund), la Chine, le Fonds saoudien, la BID (Banque islamique de développement), l’AFD (agence française de développement) et la BAD (Banque africaine de développement)

5.5 Les opérations IFC en Guinée

La Société financière internationale (IFC), membre du groupe de la Banque mondiale en charge du secteur privé, dispose désormais d’un bureau en Guinée et intervient sur deux volets : les investissements et les services- conseils.

Dans le domaine des investissements, IFC est présente en Guinée dans le secteur minier (projet Simandou) en partenariat avec l’Etat guinéen, Rio Tinto et Chinalco. Ainsi, IFC a investi pour 185 millions de dollars EU dans ce projet qui reste son plus grand investissement en Afrique sub-saharienne.

IFC a également investi sous forme de facilité de commerce dans ECOBANK Guinée. Elle est présente dans le secteur touristique, notamment dans l’hôtellerie à travers une participation dans le capital de Novotel.

Concernant les services techniques et de conseil, IFC est présente sous l’initiative des « États africains affectés par le Conflit » (CASA) qui couvre quatre volets à savoir : l’amélioration du climat des investissements; le développement des PMEs ; l’accès au financement et l’augmentation de la participation du secteur privé dans les infrastructures à travers les Partenariats Public-Privé (PPPs).

Le programme de l’amélioration du climat des investissements couvre deux volets: le programme de réformes du droit des affaires et le programme de politiques d’investissement et de réforme fiscale.

5.6 Résultats

Le portefeuille de la Banque mondiale en Guinée comprend 14 projets d’un montant total de 348,93 millions dedollars US, dont 3 projets régionaux. Ces projets appuient les efforts du gouvernement guinéen dans des domaines aussi variés que l’agriculture, l’éducation, l’énergie, la santé publique, le secteur minier, l’assistance technique et le renforcementdes capacités, et la gouvernance économique.

Les interventions de la Banque mondialepour le développement rural en Guinée portent notamment sur les projets suivants :

Le Projet d’Appui aux Communautés Villageoises (PACV) dont l’objectif final est de contribuer à la réduction de la pauvreté à travers la mise en œuvre d’une politique décentralisée et participative qui améliore la qualité de la fourniture des biens et des services au niveau local, et la dynamisation de la vie socio-économique locale. Ce projet est dans sa deuxième phase d’extension pour une couverture nationale, phase cofinancée par la Banque Mondiale, l’UE, le FIDA et l’AFD pour un montant de 17 millions de dollars.

Le Programme de Productivité Agricole en Afrique de l’Ouest (PPAAO/WAAPP-)est un programme régional dont l’objectif est de développer et de diffuser les technologies améliorées dans les filières prioritaires des 13 pays bénéficiaires de la CEDEAO (Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest. Le PPAAO Guinée- financé sur don PHRD Japonais pour un montant de 9 millions de dollars EU -est focalisé sur le développement de la chaîne des valeurs du riz.

La seconde phase duProjet d’Urgence d’Appui à la Productivité (PUAPA 2) vise à améliorer la productivité et la valeur ajoutée des produits agricoles ciblés (le riz, le maïs, le manioc et la volaille traditionnelle) dans plus de la moitié des départements de la Guinée. Ce projet (qui est financé par le Royaume d’Espagne à travers le GFRP pour un montant de 20 millions de dollars EU) devrait permettre notammentla réhabilitation de 3600 ha d’aménagements hydro-agricoles etla mise à disposition des producteurs d’intrants agricoles (semences, engrais, pesticides).

Source : banque mondiale

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