Présentation du projet

SolarSante est un projet du Conseil National des Jeunes Guinéens de France (CNJGF) pour l’électrification solaire, la construction de forages électriques et l’équipement des centres de santé certains en milieux ruraux de la Guinée. L’objectif du CNJGF à travers ce projet est de contribuer à l’amélioration des conditions sanitaires dans ces zones reculées du pays qui sont : Kaala (préfecture de Dalaba), Kalia et Sandeniah (préfecture de Faranah), Tompetin (préfecture de Mali), Sinko (préfecture de Beyla), Gbérédou-Baranama (préfecture de Kankan), Siguirini et Doko (préfecture de Siguiri) et Dinguiraye.

Le projet a été construit grâce l’implication direct des autorités sanitaires, politiques et sociales à base des localités bénéficiaires, des associations de ressortissants des localités concernées qui résident à Conakry et ailleurs. Le CNJGF a sollicité l’implication de ces acteurs dès le début pour la réussite de la réalisation du projet et assurer sa pérennisation. Le projet va être réalisé grâce à l’appui financier et technique des partenaires du CNJGF. C’est dans cette optique que ce voyage d’exploration est effectué avec le premier partenaire, la Fondation Humanitaire EDF.

 


Le manque d’électrification de ces centres de santé complique le travail du personnel médical et met en danger la vie des patients.

 


Description des zones concernés

Contexte du pays

La Guinée, est un pays d’Afrique de l’ouest limitrophe à l’est par le Mali, au sud-est par la Côte d’Ivoire, au nord par le Sénégal, au nord-ouest par la Guinée-Bissau, au sud par le Liberia et la Sierra Leone et il est bordé à l’ouest par l’océan atlantique.

Malgré la richesse de son sol et sous-sol (matières premières et ressources minières), la Guinée est classée dans la catégorie des pays les moins avancés (PMA) selon le classement de l’ONU : 168ème sur 187 pays, l’IDH (indice de développement humain) élaboré par le PNUD est de 0,344 (moyenne d’Afrique subsaharienne est de 0.463).

La politique sanitaire de la Guinée reste très insatisfaisante, et l’épidémie Ebola dont le pays est l’un des foyers en Afrique de l’Ouest, a contribué à affaiblir ses structures de santé. Du départ de l’épidémie à la fin d’année 2015, le CNJGF y a mené un projet de sensibilisation en mobilisant les volontaires en France et en Guinée pour participer à la campagne de lutte contre le virus. Les services de santé sont totalement délabrés en raison des coupures budgétaires qu’a subies le secteur dont la part dans le PIB est passée de 1% en 1993 à 0,2% en 2010. Le taux de mortalité infantile était de 53 pour mille en 2015 (le taux mondial est de 35/1000, Europe 6/1000) et le taux de mortalité maternelle est l’un des plus élevés en Afrique (740 pour 100.000). Cette situation est confirmée par les données recueillies par les acteurs tant nationaux qu’internationaux (voir statistique OMS tableau ci-dessous).

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Rencontre avec le mistre de la santé en Guinée

Au-delà des hôpitaux nationaux mal équipés et ne pouvant accueillir les patients dans les normes sanitaires internationales, au niveau local, les centres de santé des communes rurales de développement (CRD), n’ont pas un accès facile aux soins primaires. Les zones rurales les plus enclavées en souffrent particulièrement. Le manque d’électrification de ces centres de santé complique le travail du personnel médical et met en danger la vie des patients. Ce risque est encore plus élevé pour les femmes enceintes et les nouveaux nés.

Conscient de ces situations sanitaires dégradantes, le CNJGF propose, en lien avec les autorités locales, une synergie d’action de toutes les bonnes volontés afin de présenter un projet ambitieux et réaliste visant à doter les centres de Santé des Communes rurales de panneaux solaires photovoltaïques.

Quelques données Statistiques sur le pays

Population totale (2013) 11, 745,000

Revenu national brut par habitant ($ internationaux PPA, 2013) : 1,160/ jour

Espérance de vie à la naissance h/f (années, 2013) : 57/59

Quotient de mortalité infant o-juvénile (pour 1000 naissances vivantes) : 25

Quotient de mortalité 15-60 ans h/f (pour 1000, 2013) : 301/267

Dépenses totales consacrées à la santé par habitant ($ int. 2012) : 67

Dépenses totales consacrées à la santé en % du PIB (2012) : 6.3

Source OMS l’Observatoire de la santé mondiale

 

La vision du Gouvernement guinéen à long terme est d’asseoir un système de santé performant, accessible, équitable et capable de fournir des services médicaux de qualité pour tous, en particulier pour les plus vulnérables. Pour réaliser cette vision, il entend relever les défis liés à :

  • la déconcentration des services de santé.
  • la réduction des inégalités entre les régions et les catégories sociales en matière d’offre et d’accès aux services de santé ;
  • l’iniquité dans la répartition géographique des ressources humaines ;
  • la faible fréquentation des formations sanitaires ;
  • l’insuffisance du financement accordé au système de santé ;
  • la faible qualité des soins ;
  • la faible disponibilité des médicaments, des réactifs, des vaccins et consommables ;
  • la faiblesse du système d’informations sanitaires.

Les objectifs généraux retenus sont les suivants :

 

  • Réduire la mortalité des enfants de moins de 5 ans de 163%o en 2005 à 80%o en 2020 ;
  • Réduire la mortalité des enfants de moins d’un an de 91% naissances vivantes en 2005 à 50 en 2015 ;
  • Réduire la mortalité néonatale de 39% en 2005 à 25% en 2020 ;
  • Réduire la mortalité maternelle de 980 décès pour 100 000 naissances vivantes en 2005 à 580 décès en 2020 ;
  • maintenir la séroprévalence au VIH/SIDA inférieure à 1,5% en 2020 ;
  • Réduire de 40% la mortalité spécifique due au paludisme de 2012 à 2020 ;
  • Réduire de 50% la mortalité spécifique de la tuberculose de 2012 à 2020 ; et
  • Réduire la prévalence de l’insuffisance pondérale chez les enfants de moins de 5 ans de 18% en 2012 à 10,4% en 2020.

Pour atteindre ces objectifs stratégiques, le Gouvernement a mis en oeuvre la feuille de route pour lutter contre la mortalité maternelle. Il est prévu d’engager une réforme visant à augmenter les interventions dans les zones les plus pauvres et auprès des populations les plus démunies et les plus vulnérables et ce, en réorientant les ressources (les fonds, le personnel et les approvisionnements) au profit de ces zones pour lutter contre les maladies et les affections qui touchent les populations les plus vulnérables de façon disproportionnée. Il a décrété la gratuité des césariennes et des premiers soins pour les nouveaux nés. Le gouvernement poursuit une politique de libre accès aux médicaments pour les nouveaux nés, qui reste limité par manque de ressources.

Il a également prévu un ensemble de réalisations (construction d’infrastructures, mise à disposition de matériels pour les formations, qualification des agents sanitaires …) à haut impact pour toutes les formations sanitaires afin de permettre aux pauvres d’accéder aux soins de santé de base. Il met également à l’échelle des paquets minimums d’activité à efficacité prouvée sur la mortalité maternelle, néonatale et infantile tant par des services communautaires, que dans les structures de santé publique et privée et lors des stratégies avancées.

 

Zone d’intervention

Les bénéficiaires sont les populations des localités cibles dans les communes rurales de développement (CRD) citées ci-dessous. Toutes ces communes ont en commun leur Statut de Communes Rurales de Développement (CRD) de taille moyenne avec une population de 24 ans de moyenne d’âge, et généralement enclavées/reculées. Elles présentent de nombreuses autres similitudes :

 

  • Insuffisance chronique de services de base (eau, électricité, santé, routes), déficiences importantes en matière d’infrastructures,
  • l’électricité est un luxe,
  • Pauvreté, taux de mortalité infantile élevé, aux conditions sanitaires et aux maladies de la petite enfance,
  • Mariage forcé, grossesse précoce,
  • Faible scolarisation des jeunes filles,
  • Taux de chômage élevé chez les jeunes, délinquance et désocialisation,
  • Population essentiellement paysanne (agriculteurs, ouvriers, artisans…),

L’agriculture est la principale activité économique des populations de ces localités. Le petit commerce de proximité et les tâches manuelles sont d’autres moyens de subsistance en complément aux travaux champêtres. Leurs ressources proviennent essentiellement de proches vivant à l’étranger et qui sont aussi les financeurs des associations locales. En Guinée, dans les faits, la politique en matière de transition énergétique est définie au niveau national comme expliqué ci-haut. L’un des objectifs de ce projet est aussi de sensibiliser d’avantage les autorités locales sur les problématiques de réchauffement climatique. C’est aussi pourquoi ils elles sont restées au coeur de ce projet depuis le début de son élaboration.

Nombre d’habitants dans la zone / nombre de bénéficiaires

 

Toutes ces communes ont en commun leur Statut de Communes Rurales de Développement (CRD) de taille moyenne avec une population de 24 ans de moyenne d’âge, et généralement enclavées/reculées.

  1. Gbérédou-Baranama est une sous-préfecture de la préfecture de Kankan, située au Nord Est de la Guinée. Population : 17 448 habitants
  2. Doko : est une sous-préfecture de la préfecture de Siguiri, située au Nord Est de la Guinée. Population : 13 800 habitants
  3. Sandeniah : est une sous-préfecture de la préfecture de Faranah, située au Centre Sud de la Guinée. Population : 17 854 habitants
  4. Kalia : est une sous-préfecture de la préfecture de Faranah, située au Centre Sud de la Guinée. Population : 11 700 habitants
  5. Kaala : est une sous-préfecture de la préfecture de Dalaba, située au Centre de la Guinée. Population : 7 766 habitants
  6. Tompetin : est une sous-préfecture de la préfecture de Mali, située au Nord de la Guinée. Population : 7 000 habitants

 

solarSante
centre de santé dans l’une des zones